Actualité

Rentabilité locative : comment la réforme DPE peut tout changer

Retour à l'accueilPublié le 30 septembre 2026
Rentabilité locative : comment la réforme DPE peut tout changer

Comprendre le tournant du DPE en 2027

À partir du 1er janvier 2027, les règles d’évaluation de la performance énergétique des logements vont évoluer. Cette réforme, touchant le coefficient de conversion de l’électricité dans les diagnostics de performance énergétique (DPE) et les audits énergétiques, va ainsi modifier le paysage de la location immobilière, en particulier pour les logements chauffés à l’électricité.

Un nouveau coefficient de conversion pour l’électricité

Jusqu’au 31 décembre 2026, lorsqu’un logement consomme 1 kWh d’électricité, le calcul du DPE considère qu’il s’agit de 1,9 kWh d’énergie primaire. Dès 2027, cette valeur sera abaissée à 1,7, après une précédente chute de 2,3 à 1,9 en 2026. Cette modification vise à mieux refléter l’évolution du mix électrique français et à rendre le calcul plus avantageux pour les logements utilisant principalement l’électricité.

Qui est concerné par cette évolution ?

Les logements où l’électricité occupe une place centrale seront principalement affectés par cette réforme. Il s’agit par exemple :

  • des habitations avec chauffage électrique,
  • des biens disposant de chauffe-eau électriques,
  • des logements équipés de pompes à chaleur.

Néanmoins, le passage à un coefficient différent ne signifie pas qu’un bien changera systématiquement de classe énergétique. Ce sont surtout ceux proches d’un seuil de classement qui pourraient évoluer favorablement, en particulier ceux affichant actuellement les étiquettes F ou G.

Un changement de classe énergétique… sans travaux

L’un des points majeurs pour les bailleurs et propriétaires : il n’est pas nécessaire de réaliser des travaux pour espérer un reclassement. Ce sont les paramètres de calcul et non les caractéristiques intrinsèques du logement qui changent. Plus de 300 000 résidences principales pourraient ainsi remonter de classe, sortant de la catégorie des logements les plus énergivores, ce qui pourrait modifier leur attractivité sur le marché, surtout à l’approche de nouvelles restrictions réglementaires.

Impact direct sur la rentabilité locative et la commercialisation

La performance énergétique d’un bien est devenue un critère essentiel, tant pour la location que pour la vente. Les annonces immobilières doivent aujourd’hui faire figurer l’étiquette DPE, accompagnée d’un avertissement pour les biens classés F ou G.

Certaines interdictions de location existent déjà pour les biens classés G depuis le 1er janvier 2025, et seront étendues aux biens F en 2028, puis E en 2034. Un changement d’étiquette à la faveur d’un coefficient plus avantageux peut offrir une seconde vie à certains biens jusque-là considérés comme énergivores et limiter les restrictions sur l’évolution des loyers.

Audit énergétique : quelles obligations après la réforme ?

Pour vendre certains logements individuels classés E, F ou G, un audit énergétique est requis. Avec le nouveau calcul, des habitations pourraient basculer dans une catégorie mieux notée, rendant ce contrôle moins fréquemment obligatoire. Dès 2034, la classe D sera également concernée par cette obligation. Il reste donc essentiel pour les vendeurs et professionnels de surveiller la future classification de chaque bien.

Faut-il renouveler les DPE existants ?

Il ne sera pas nécessaire de refaire tous les diagnostics. Les DPE ou audits encore valables resteront reconnus avec le nouveau coefficient. À partir de 2027, une attestation officielle avec la nouvelle étiquette pourra être téléchargée gratuitement, mise à jour selon le nouveau mode de calcul, sans toucher aux autres informations du dossier. Elle sera valable jusqu’à l’échéance du diagnostic d’origine.

Anticiper pour mieux investir ou vendre

Les changements à venir imposent une anticipation pour tous les acteurs de l’immobilier. Avant toute location ou vente, il faut :

  • vérifier la validité du DPE,
  • estimer l’impact du nouveau coefficient,
  • déterminer si un audit sera nécessaire,
  • actualiser la classe énergétique dans les annonces le cas échéant.

Des simulateurs spécialisés existent déjà pour estimer la future étiquette d’un bien, ce qui permet de prendre les devants et d’optimiser la gestion de son patrimoine immobilier.

Ce que cela change pour les professionnels

Les agents immobiliers, administrateurs de biens et notaires vont devoir intégrer cette réforme à leurs pratiques dès maintenant. Identifier les biens susceptibles d’être reclassés permet de préparer les propriétaires à ces changements, de réviser les stratégies de commercialisation et d'éviter de mauvaises surprises au moment de la transaction.

Enfin, cette réforme met clairement en lumière l’importance du suivi réglementaire pour maximiser la rentabilité locative et la valorisation du patrimoine immobilier en France.

En savoir plus sur les diagnostics immobiliers obligatoires

Vous voulez tout savoir sur les diagnostics immobiliers obligatoires ?